God, reason, and language

Echoing with what I started fumbling about in a previous post, I found this marvelous passage in Derrida’s critique of Foucault’s History of Madness:

Mais Dieu, c’est l’autre nom de l’absolu de la raison elle-même, de la raison et du sens en général. Et qu’est-ce qui saurait exclure, réduire ou, ce qui revient au meme, comprendre absolumment la folie, sinon la raison en général, la raison absolue et sans détermination, dont l’autre nom est Dieu pour les rationalistes classiques ? On ne peut accuser ceux, individus ou sociétés, qui on recours à Dieu contre la folie, de chercher à s’abriter, à s’assurer des garde-fous, des frontières asilaires, qu’en faisant de cet abri un abri fini, dans le monde, en faisant de Dieu un tiers ou une puissance finie, c’est-à dire en se trompant ; en se trompant non pas sur le contenu et la finalité effective de ce geste dans l’histoire, mais sur la spécificité philosophique de la pensée et du nom de Dieu. Si la philosophie a eu lieu – ce qu’on peut toujours contester – c’est seulement dans la mesure où elle a formé le dessein de penser au de là de l’abri fini. En décrivant la constitution historique de ces gardes-fous finis, dans le mouvement des individus, des sociétés et de toutes les totalités finies en général, on peut à la limite tout décrire – et c’est une tâche légitime, immense, nécessaire – sauf le projet philosophique lui-même. Or dans son sens intensionnel propre, il se donne comme pensée de l’infinie, c’est-à-dire de ce qui ne se laisse épuiser par aucune totalité finie, par aucune fonction ou détermination instrumentale, technique ou politique. Se donner comme tel, c’est là, dira-t-on, son mensonge, sa violence et sa mystification ; ou encore sa mauvaise foi. Et il faut sans doute décrire avec rigueur la structure qui lie cette intention excédante à la totalité historique finie, il faut en déterminer l’économie. Mais ces ruses économiques ne sont possibles, comme toute ruse, que pour des paroles et des intentions finies, substituant une finité à une autre. On ne ment pas quand on ne dit rien (de fini ou de déterminé), quand on dit Dieu, l’Etre ou le Néant, quand on ne modifie pas le fini dans le sens déclaré de sa parole, quand on dit l’infini, c’est-à-dire quand on laisse l’infini (Dieu l’Etre ou le Néant, car il appartient au sens de l’infini de ne pouvoir être une détermination ontique parmi d’autres) se dire et se penser. [footnote on page 90-91)

Derrida, Jacques. 1967. L’écriture et la différence. Paris: Editions du Seuil
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6 Responses to God, reason, and language

  1. savonaroll says:

    So are you a “rationaliste classique?”

  2. bech says:

    We all are in some ways then as long as we intellectualize no? To complete what Derrida is saying, as soon as you start ‘talking’ (dire) about God you may well be this rationalist. The concept of God cannot escape rationalization as long as it is inscribed in the use of language. Thus, my previous speculation that going back to a immersion through the body (away from discourse) could present different conditions.

    This of course involve that I stop writing for example!

  3. bech says:

    Just to complete:

    La phrase est par essence normale. Elle porte la normalité en soi, c’est-à-dire le sens ; à tous les sens de ce mot, celui de Descartes en particulier. Elle porte en soi la normalité et le sens, quel que soit d’ailleurs l’état, la santé ou la folie de lui qui la profère ou par qui elle passe et sur qui, en qui elle s’articule. Dans sa syntaxe la plus pauvre, le logos est la raison, et une raison déjà historique. (p. 83-84)

  4. nadia says:

    I find this passage difficult to understand without the context of its intervention. But i believe that Derrida also hints here at the impossibility of thinking God (and the nature of philosophy) in its infinitude. From the moment you start ‘thinking’ of God, you are using finite means (i.c. language, ratio).

    There is a difference between thinking of ‘God’ in the ontological sense – l’infini, of which Derrida also speaks, and which is impossible to ‘know’. And ‘grasping’ God in the linguistic/rationalistic sense, which is always finit – and ‘imperfect’ project, because human.

    But this point is also stressed by religious people: human beings CANNOT grasp God, the impenetrability of God (which is also stressed in surat al-ikhlas in the Muslim tradition). .

    Non-believers will probably on their turn say: the only way God can be thought, is through language – and hence reason.

    Believers, on their turn, might say: it’s impossible to ‘know’ God, but speaking of Him (and ‘thinking’ and ‘remembering’) Him is the best we have.

  5. nadia says:

    btw: thanks for these notes and this conversation!
    I’m in the middle of these kind of interrogations in my dissertation, so its a great timing😉

  6. bech says:

    nadia you’re right you need the context. I’m really taking out a discussion that does not refer really to what I talk about except in terms of conceptualization of God through the mere existence of language or ‘the said’ (le dit).

    Here Derrida is doing a footnote to a discussion on the reflections of Descartes on madness and how Foucault understood/misunderstood this manifestation.

    Anyway, I think we agree on many things. It is still a bit confused in my head for now so I prefer to wait before thinking more about these issues. Especially that I am trying to think of issues that are not really related.

    but happy to know this can help. You should definitely read more of Derrida on religion faith, etc. I think he wrote a lot on this subject. But I am not the expert… ask savonaroll! waynak ya tchifna?

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