Mon père est pendu à l’étoile,
ma mère glisse avec le fleuve,
ma mère luit
mon père est sourd,
dans la nuit qui me renie,
dans le jour qui me détruit.
La pierre est légère.
Le pain ressemble à l’oiseau
et je le regarde voler.
Le sang est sur mes joues.
Mes dents cherchent une bouche moins vide
dans la terre ou dans l’eau,
dans le feu.
Le monde est rouge.
Toutes les grilles sont des lances.
Les cavaliers morts galopent toujours
dans mon sommeil et dans mes yeux.
Sur le corps ravagé du jardin perdu
fleurit une rose, fleurit une main
de rose que je ne serrerai plus.
Les cavaliers de la mort m’emportent.
Je suis né pour les aimer.
Song of the last Jewish child
My father hangs from the star,
my mother slides with the river,
my mother shines
my father is deaf,
in the night that denies me,
in the day that destroys me.
Stone is light
Bread resembles the bird
and I see him fly.
Blood is on my cheeks.
My teeth look for a less empty mouth
in the earth or in the water,
in the fire.
The world is red
All grids are lances.
Dead riders always gallop
in my sleep and in my eyes.
In the ravaged body of the lost garden
blooms a rose, blooms a hand
of rose that I will never squeeze again.
The riders of death take me.
I was born to love them.
(my translation)

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